Jo-Anne Balcaen

reviews

Internal Dynamics / Dynamique interne

By Anne Bertrand
Exhibition text for Optica

April 13 - June 15, 2019


Internal Dynamics
, an installation of photographs with soundtrack by Jo-Anne Balcaen, is the latest iteration of works that delve into the psychic experience of artists who grapple with what Bourdieu called the inverted economy, where artists don’t make work to earn a living but earn a living in order to make work. Conditioned by years of experience as a former exhibition coordinator, Balcaen’s candid perspective on the art world results from the artist’s own ambiguous position within the field as both an insider and an outsider and the effect this condition has on her psyche as she strives for self-actualization. 
Distilled from dozens of pictures surreptitiously taken while visiting the internationally renowned galleries of New York’s Chelsea district, the large, lush architectural portraits seemingly bring the galleries’ private spaces within reach, while photos of the barriers used to limit access reinforce the feeling of distance. In contrast, others document the more humanizing details that reside in the shadow of the white cube’s persistent aura: dirt, storage, cluttered desks. The large-scale gallery images fit seamlessly into Optica’s gallery space, leaving one to wonder about the elusive reputational metrics that determine the spectacular gap that exists between high-end galleries and artist-run centres, and the artists who make it and those who don’t.
Overhead, a soundtrack plays an inner dialogue that will strike a chord with those who share a similar experience as artists and cultural workers nesting multiple roles within the art world, not only to survive, but to thrive, as singular subjects with agency over their destiny despite limited opportunities and bouts of crippling doubt. Balcaen’s white cube is a generative site of existential enquiry, offering opportunities she continues to respond to, at her pace, and for our experience.

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Dynamique interne, une installation de photographies avec trame sonore de Jo-Anne Balcaen, est la plus récente itération d’œuvres qui plongent dans l’expérience psychique d’artistes pratiquant ce que Bourdieu a appelé une économie inversée, c’est-à-dire des artistes qui ne travaillent pas pour gagner leur vie, mais qui gagnent leur vie pour pouvoir faire de l’art. Le point de vue candide sur le monde de l’art de Balcaen, conditionnée par des années d’expérience en tant qu’ancienne coordinatrice d’expositions, est le résultat de la position ambiguë de l’artiste elle-même dans ce champ à la fois comme insider et comme outsider, et de l’effet que cette condition a exercé sur sa psyché dans sa quête d’accomplissement personnel.

Puisés dans des dizaines d’images subrepticement prises alors qu’elle visitait les galeries de réputation internationale du quartier Chelsea à New York, ses grands et opulents portraits architecturaux semblent mettre ces espaces privés de galeries à portée de main, alors que d’autres photos, de barrières utilisées pour en limiter l’accès, renforcent le sentiment de distance. Par ailleurs, certains clichés documentent, au contraire, des détails plus proches de l’être humain et qui sont dans l’ombre de l’aura persistante du cube blanc : saleté, entreposage, bureaux encombrés. Les grandes images de galeries s’intègrent parfaitement à l’espace d’OPTICA, faisant ainsi réfléchir à la mesure illusoire de la renommée qui détermine l’écart spectaculaire qui existe entre les galeries haut de gamme et les centres d’artistes autogérés, entre les artistes qui réussissent et les autres qui n’y arrivent pas.

Une trame sonore diffuse un dialogue intérieur qui résonnera auprès des personnes qui vivent une expérience semblable d’artistes, de travailleurs et de travailleuses culturel.les menant plusieurs rôles dans le milieu de l’art, non seulement pour survivre, mais aussi pour réussir, en tant que sujets singuliers en contrôle sur leur destin malgré les occasions limitées et les paralysants épisodes de doute. Le cube blanc de Balcaen est un site fertile de questionnements existentiels, riche des possibilités auxquelles elle continue de répondre, à son rythme, et aux fins de notre expérience.

Traduction: Colette Tougas